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reportage

Depuis le lac, les bateaux peuvent directement être conduits dans le bassin de radoub du chantier naval.

CHANTIER NAVAL DE LA CGN

 

CAP SUR L’AVENIR

 

A Ouchy, le site du chantier naval de la CGN abrite une intense activité. De nombreux corps de métier collaborent étroitement afin d’entretenir et rénover la flotte de la compagnie et de construire ses prochains navires. Reportage dans les coulisses de l’entreprise.

 

TEXTE: THOMAS PFEFFERLÉ

Lorsque l’on monte à bord des navires de la CGN, on ne songe pas forcément à tous les efforts qui sont fournis en continu par les collaborateurs de l’entreprise pour maintenir le cap. Afin de faire naviguer ses bateaux, la compagnie emploie jusqu’à 120 personnes au sein de sa division technique, quand les navigants ne sont pas engagés sur les bateaux en hiver. Dans cette équipe, de nombreux corps de métier se côtoient: électriciens, mécaniciens et mécaniciens vapeur, constructeurs métalliques, menuisiers, ébénistes et peintres travaillent en étroite collaboration. Autant de professionnels qui appliquent leurs connaissances techniques aux spécificités du domaine naval.

Avec son projet d’agrandissement, la rénovation de la halle sud du chantier naval va permettre de répondre aux besoins de l’entreprise. Une fois rénovée, cette halle comprendra un étage supplémentaire et pourra ainsi abriter des locaux de stockage pour les différents ateliers. Des travaux de grande envergure rendus possibles grâce à un crédit bancaire de plus de 5 millions de francs approuvé l’an dernier par les autorités cantonales actionnaires majoritaires de l’entreprise – Vaud, Genève et Valais.

 

Rénover la flotte existante

L’une des zones centrales du chantier naval se situe dans la halle nord, bâtie il y a plus de cinquante ans. Dans cet immense bâtiment directement connecté aux eaux du Léman, des ouvriers s’affairent au sein du bassin de radoub. Cette fosse, assez vaste pour contenir un navire entier de plus de 80m de long, permet de travailler à sec afin d’entreprendre les rénovations nécessaires à l’entretien des bateaux. C’est là qu’en 2018 les opérations menées par les hommes du chantier naval ont permis d’améliorer considérablement l’efficience énergétique de deux navires. Mis en service en 2005, le Valais, avec ses 30m de long et sa capacité d’accueil de 200 personnes, utilise désormais près d’un quart de carburant en moins pour sa propulsion. Un gain énorme notamment obtenu en améliorant l’hydrodynamique de sa coque. 

Egalement rénové en 2018, le Léman, mis en service en 1990, économise aujourd’hui plus de 20% de carburant par rapport aux précédentes années. Une prouesse technique et écologique rendue possible grâce aux améliorations effectuées sur la carène du bateau (la partie immergée de la coque d’un navire). Avec une longueur proche de 50m et une capacité d’accueil de près de 600 passagers à son bord, le Léman navigue désormais avec une quille allongée à l’avant et un duck-tail à l’arrière (une sorte d’aileron horizontal limitant les vagues et le frein dans l’eau). En parallèle de ces projets, la flotte Belle Epoque est également au centre des priorités de la CGN. Le Rhône gagnera par ailleurs le bassin de radoub dès le mois de mai pour entamer sa grande rénovation.

Plusieurs corps de métier se côtoient au sein du chantier naval, tels que des menuisiers, des constructeurs métalliques ou encore des mécaniciens vapeur.

Bâtir le futur

C’est aussi dans le bassin de radoub que se construit l’avenir de la CGN. Au sein de ces halles techniques, pour lesquelles des agrandissements sont prévus, le prochain géant du lac voit progressivement le jour. Conçu et réalisé sur place, le futur navire à passagers de la CGN permettra ainsi de répondre efficacement à la demande croissante dans le segment du transport public lacustre. Il faut dire que les capacités et dimensions de ce BMA (bateau moyen accéléré) ont de quoi impressionner: 700 places au total, dont 600 assises, un système de propulsion hybride entre des moteurs diesel et électriques) et une coque dont les propriétés hydrodynamiques ont été conçues pour répondre aux spécificités du lac, dont les vagues peuvent atteindre 2m en cas de mauvais temps. Rendue possible grâce à un futur crédit d’environ 15 millions de francs, la construction de ce futur navire devrait ensuite déboucher sur celle de trois autres, si les autorités concernées valident le plan d’affaires de la CGN. Après la mise en service du premier BMA, en 2021 (qui permettra d’assurer la liaison la plus demandée entre Evian et Lausanne avec une cadence de 45 minutes), la CGN envisage la construction d’unités supplémentaires au cours des années suivantes pour étoffer encore sa flotte de transport public.

Amarrés aux quais du chantier naval, ou à sec au sein du bassin de radoub, les navires de la CGN sont continuellement rénovés et améliorés en termes d’efficience énergétique.

Le bassin de radoub permet de travailler au sec sur les navires afin de les rénover. Ici, la coque du Vevey est améliorée et des nouveaux moteurs de propulsion sont posés sur ce navire historique.

Attirer les talents

Sur les quais du chantier naval, où près d’une dizaine de navires sont amarrés en attendant d’être entretenus ou rénovés, les experts techniques de l’entreprise s’activent pour garder le cap donné par leur nouveau directeur, Irwin Gafner, monté à bord de la CGN fin 2017 (lire son interview). Pour faire naviguer sa flotte, la compagnie doit s’appuyer sur de nombreux savoir-faire spécifiques au secteur naval. Des profils de compétences qui s’avèrent particulièrement rares sur le marché. Pour y faire face, le directeur technique veille à tisser des collaborations internationales avec les industries navales à la pointe de la technologie afin de bénéficier pleinement de leur expertise et connaissance du domaine. Déjà partenaire du chantier naval, l’EPFL collabore par ailleurs avec la CGN depuis peu. Le long de la jetée de la Compagnie, l’entreprise a mis ses infrastructures à disposition afin de tester certains prototypes de bateaux conçus par les étudiants. A terme, le projet doit permettre de renforcer les ponts entre les milieux industriel et académique afin de faire émerger les innovations nécessaires au soutien de la croissance.

Le futur navire de la CGN devrait naviguer sur les eaux du Léman d’ici à deux ans, alors que le Rhône entrera à nouveau en fonction, suite à sa récente rénovation.