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LAC LÉMAN ET CLIMAT

 

DIX POINTS À RETENIR

 

A force de le contempler, d’y naviguer et de s’y baigner, on a l’impression

de le connaître par cœur. Et pourtant, le Léman a encore bien des choses à nous raconter!

 

TEXT: SYLVIE ULMANN

1. Le Léman est né d’un glacier

Les scientifiques se disputent encore quant à savoir comment le plus grand lac alpin d’Europe a vu le jour. Mais la théorie qui semble faire de plus en plus l’unanimité serait que la cuvette du Léman a été creusée par les mouvements du glacier du Rhône au fil des différentes phases de glaciation. Le lac lui-même serait né lors du retrait du glacier, il y a 15’000 ans environ. Aujourd’hui, le Rhône, qui le traverse d’est en ouest, lui apporte 75% de son eau. 


2. Le Léman a déjà connu des phénomènes météorologiques extrêmes

Comme ce tsunami qui l’a balayé en 563. Une vague de 13m à Lausanne, 8 à Genève, certainement due à l’effondrement d’un pan de montagne. Les rochers ne sont pas tombés directement dans le lac, comme on pourrait l’imaginer, mais ont causé un éboulement sur le delta du Rhône et déplacé d’impressionnants volumes de matière. Ceux-ci ont à leur tour mobilisé d’énormes masses d’eau, qui ont provoqué la fameuse vague.

 

3. Le Léman reste à flot

Le niveau du lac est lié à la fonte des glaciers et à l’assèchement des rivières, deux phénomènes eux-mêmes très probablement dus au changement climatique. Saisons sèches et fortes canicules estivales se sont succédé ces dernières années, mais le niveau du Léman est demeuré stable. Ce qu’il doit sans doute à sa taille (582,4km2, 72,8km de long et 308,99m de profondeur). De plus petits lacs, comme ceux d’Annecy, en France, ou de Bret, dans le canton de Vaud, ont énormément souffert de ces conditions climatiques.

 

4. Le Léman se réchauffe

La Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) – commission intergouvernementale franco-suisse chargée de surveiller l’évolution de la qualité des eaux du lac Léman, du Rhône et de leurs affluents – suit de près leur température. En surface, celle-ci a augmenté de 2°C en 46 ans, passant de 10,9°C en moyenne annuelle à 5m de profondeur en 1970 à 12,9°C en 2016. «Ce changement a des conséquences sur le fonctionnement de l’écosystème. Ainsi, l’omble chevalier se reproduit dans des eaux à 8°C, entre 50 et 100m de profondeur. Les conditions de frai idéales n’existent plus au moment voulu. Elle va alors se décaler dans le temps», explique Audrey Klein, secrétaire générale de la CIPEL. Un suivi d’autres espèces a eu lieu il y a deux ans, mais le recul manque encore pour interpréter les informations recueillies. A terme, l’idée est d’adapter les périodes de pêche à ces changements.

 

5. Le Léman est sous pression

Les eaux du lac sont considérées comme propres, mais la vigilance reste de mise. En 2020, la CIPEL lancera un nouveau plan d’action. En ligne de mire: les micropolluants, ces substances trop petites pour être retenues par les filtres des stations d’épuration (STEP). Issus des médicaments ou des produits phytosanitaires, ils sont principalement rejetés par les ménages, l’industrie et l’agriculture. Très variés, ils sont présents en quantités moins importantes que les fameux PCB, aujourd’hui interdits, mais dont on décèle toujours des traces. Problème: en se dégradant, ils peuvent générer des substances encore plus dangereuses.

 

6. Le Léman n’échappe pas au fléau des plastiques

Comme toutes les eaux continentales, le Léman n’échappe pas à leur présence. L’Association pour la sauvegarde du Léman (ASL) vient de publier les résultats d’une étude démontrant que quelque 50 tonnes de plastiques finissent chaque année dans le lac. Une grande partie y reste, ce qui constitue un risque pour toute la chaîne alimentaire. Ces plastiques proviennent des déversoirs d’orage, des eaux de ruissellement, des rejets directs, des eaux usées ou des retombées atmosphériques. Ils ne sont pas tous égaux. D’un côté, les micro et nanoplastiques, d’une taille comprise entre 5 et 0,001mm pour les premiers, les seconds mesurant moins de 0,001mm. Ceux-ci échappent aux filtres des STEP. De l’autre, les macroplastiques, qui dépassent les 5mm. Ils sont retenus dans les STEP. Des opérations de nettoyage du Léman ont lieu régulièrement. L’action Net’Léman, organisée par l’ASL en mars dernier, a ainsi rassemblé 1000 bénévoles et permis de sortir des eaux plus de 5500kg de déchets en tout genre. Mais mieux vaudrait bien entendu se rappeler que le lac n’est pas une poubelle.    

7. Le Léman n’est plus menacé par les phosphates

Dans les années 1980, les phosphates étaient le principal ennemi du lac. Ils étaient aussi la cause numéro un de l’eutrophisation – ou désoxygénation – de l’eau, un phénomène contre lequel la CIPEL lutte depuis sa création en 1962. Avec succès, car les teneurs en phosphore, qui étaient passées de moins de 15µg/l avant les années 1960 à 89,5µg/l en 1979, sont retombées en 2017 à environ 18µg/l. Certes, c’est légèrement au-dessous de l’objectif, qui consistait à ramener cette concentration moyenne à 15µg/l pour limiter durablement la croissance des algues, mais le lac est sur la bonne voie.

 

8. Le Léman manque d’oxygène en profondeur

En profondeur, les concentrations en oxygène devraient toujours dépasser 4mg/l, de manière à éviter que le phosphore ne ressorte des sédiments. Cette quantité assure aussi le maintien de la vie aquatique. Pour ce faire, le lac doit se «brasser» régulièrement. Hélas, ce phénomène naturel a lieu de moins en moins souvent. Durant l’hiver 2016-2017, les conditions météorologiques n’ont permis qu’un brassage partiel, jusqu’à 190m de profondeur. Résultat, à 309m de profondeur, les concentrations en oxygène demeurent beaucoup trop faibles.

 

9. Un Léman plus chaud = davantage de soleil et moins de stratus?

Ces dernières décennies, Météosuisse a effectivement observé une diminution du stratus et une augmentation de l’ensoleillement en hiver. Pas de quoi se réjouir pour autant: «Difficile d’affirmer que ces phénomènes sont vraiment liés ou non au réchauffement. Ce qui est sûr en revanche, c’est que les périodes sèches et chaudes en été se multiplient et causent davantage d’orages violents», souligne Mikhaël Schwander, de Météosuisse. Il rappelle que 2018 a été l’année la plus chaude depuis que les mesures de température existent, soit 150 ans.


10. Le Léman fait à la fois office de chauffage et de climatisation

Naturellement d’abord, puisque l’hiver, il restitue la chaleur accumulée pendant la belle saison, adoucissant les températures aux alentours, et les rafraîchissant l’été, par effet inverse. Plusieurs installations utilisent également les températures des eaux profondes du lac pour chauffer ou climatiser des bâtiments. A Genève, le système thermique Genève Lac Nations (GLN) y recourt à cet effet pour ceux des organisations internationales et des entreprises du quartier des Nations et de Sécheron. Toujours dans la Cité de Calvin, le projet Genilac vise à chauffer habitations et bâtiments commerciaux au centre-ville d’ici à 2021. Il devrait s’étendre au secteur de l’aéroport en 2022. Ce vaste réseau hydrothermique doit acheminer l’eau du lac, pompée à 45m de profondeur, où la température est stable tout au long de l’année, directement dans les bâtiments, pour les rafraîchir. Couplé à des pompes à chaleur haute performance, ce système est également en mesure de les chauffer. Il devrait permettre de diminuer les émissions de CO2 liées à l’utilisation d’énergies fossiles de 25% d’ici à 2020. A noter qu’en fin de cycle, l’eau retourne à son milieu naturel, à une température proche du milieu ambiant (3°C en hiver et 15°C en été), de façon à ne pas perturber la faune et la flore.